À Walungu, au cœur d’une région marquée par les défis sécuritaires et sociaux, une jeune femme transforme peu à peu son environnement. Son nom : Espérance Mudekereza. Comme des dizaines d’autres jeunes filles, elle a croisé la route du projet « Wasichana na Amani » (« Les jeunes filles et la paix »), mis en œuvre par Kvinna Till Kvinna à travers La Prunelle RDC asbl sous le financement du Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix. Mais son histoire ne s’arrête pas à une simple participation. Elle devient une preuve vivante que former une jeune femme, c’est parfois transformer toute une communauté.
Tout commence en avril 2025, lorsque 50 jeunes filles de Walungu participent à une formation intensive de six jours sur la paix, le leadership, les droits des femmes et le plaidoyer. Espérance en fait partie.
« La formation de La Prunelle RDC dans le projet « Wasichana na Amani » m’a beaucoup aidé parce que grâce à cette formation, notre association a beaucoup évolué et a connu un succès », raconte-t-elle.

Vice-présidente de l’association PAD (Programme d’éducation et d’accompagnement pour le développement), elle ne garde pas les connaissances pour elle. À son retour, elle organise une restitution. Un geste simple, mais décisif.
« Après la formation, j’ai fait la restitution au sein de notre association… Après cela, nous avons élaboré un projet sur les violences basées sur le genre », explique-t-elle.
Ce projet, conçu grâce aux outils acquis pendant la formation, va ouvrir une opportunité inattendue. Une offre est lancée par le Bureau central de la zone de santé de Walungu. L’association d’Espérance postule et gagne.
« Nous avons décroché les financements. Et c’est grâce à ces financements que notre association a beaucoup évolué », dit-elle avec fierté.
C’est un tournant. Le tout premier financement de leur organisation. Celui qui change leur crédibilité sur le terrain.
« C’était notre premier projet… c’est ça qui nous a fait connaître dans le milieu », insiste Espérance.
Aujourd’hui, malgré un contexte sécuritaire fragile, l’association PAD est devenue une structure sollicitée.
« On commence à nous contacter pour des enquêtes dans les milieux… Nous travaillons avec plusieurs organisations dans l’harmonie », explique-t-elle.
Ce passage d’une organisation locale peu visible à un acteur reconnu illustre un impact concret du projet. Former → agir → réussir → être reconnu.
Mais l’impact de cette formation dépasse largement le cadre organisationnel.
Espérance observe également une évolution progressive de la participation des jeunes femmes dans plusieurs initiatives communautaires et de paix à Walungu.
Elle note également que des femmes occupent désormais des postes de responsabilité : directrices d’écoles, cheffes de groupement, administratrices de territoire, voire députées provinciales. Pas uniquement grâce à l’action de Kvinna till Kvinna mais également grâce à la mobilisation de plusieurs autres partenaires.
« La dynamique est là. Les femmes participent de plus en plus, même si la lutte continue pour atteindre une représentation équitable », affirme-t-elle, plaidant pour un équilibre 50-50 dans les postes de décision.
« La lutte continue… nous voulons arriver à 50-50 dans les postes de responsabilité. Nous voulons participer dans les négociations de paix, la médiation. On ne doit plus faire sans nous comme si on n’existait pas», affirme-t-elle.
Le projet « Wasichana na Amani » ne forme pas seulement des participantes. Il fait émerger une génération. Ue génération qui ose. Qui revendique. Qui propose.
« Nous demandons qu’on accorde aux jeunes la chance de diriger… les jeunes peuvent faire mieux », lance Espérance.
Dans un contexte où les décisions restent souvent dominées par les aînés, ce message porte loin.
Depuis son lancement à Bukavu en novembre 2024, le projet a déjà formé plus de 300 jeunes dans les deux territoires du Sud-Kivu que couvre La Prunelle RDC asbl. Il s’agit de Walungu et Mwenga. D’autres jeunes sont formés dans les régions de Bukavu, Kabare, Kalehe ou encore Uvira avec d’autres organisations des jeunes.
Son ambition est claire : transformer les bénéficiaires en actrices de paix, de gouvernance et de changement social.
Et à travers des parcours comme celui d’Espérance, cette ambition prend forme.
Espérance n’est pas une exception. Elle est un exemple. Un visage parmi d’autres jeunes femmes qui, grâce à une formation, ont trouvé une voix, une direction… et parfois un avenir.
« Ça évolue très, très bien… et c’est grâce au projet Wasichana na Amani », conclut-elle simplement.
Dans les collines de Walungu, son histoire rappelle une vérité essentielle : lorsqu’on investit dans les jeunes femmes, ce sont des communautés entières qui avancent.
La Prunelle RDC asbl s’engage à défendre les droits des femmes, des jeunes et des minorités en mettant en œuvre des programmes innovants et durables pour garantir leur participation active dans les processus de prise de décisions, la promotion de leur autonomisation et leur émancipation.
La Prunelle RDC asbl s’engage à défendre les droits des femmes, des jeunes et des minorités en mettant en œuvre des programmes innovants et durables pour garantir leur participation active dans les processus de prise de décisions, la promotion de leur autonomisation et leur émancipation.